Loot boxes et jeux de hasard : comment la décision de la Belgique a secoué l’industrie en 2018

Loot boxes et jeux de hasard

En avril 2018, une annonce de la Commission des jeux de hasard de Belgique a résonné comme un coup de tonnerre dans le monde du jeu vidéo. En classifiant les « loot boxes » (ou boîtes à butin) comme une forme de jeu de hasard soumis à la législation sur les jeux d’argent, le pays a initié un mouvement réglementaire majeur qui allait transformer en profondeur les modèles économiques des jeux AAA et inspirer des débats internationaux encore vivants en 2026. (Wikipédia)

La déflagration belge : une position sans équivoque

La Commission belge a ouvert une étude en 2017 sur plusieurs jeux populaires pour déterminer si les loot boxes enfreignaient la loi sur les jeux de hasard. En avril 2018, après examen de quatre titres, FIFA 18, Overwatch, Counter-Strike: Global Offensive et Star Wars Battlefront II, elle a statué que les systèmes de loot box de trois d’entre eux répondaient aux critères d’un jeu de hasard au sens de la législation belge. (Wikipédia)

Selon la définition légale, un jeu de hasard implique un enjeu monétaire, un élément de chance et une possibilité de gain pour le joueur, caractéristiques que la Commission a identifiées dans les loot boxes payantes. (koengeens.be)

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Le ministre de la Justice belge de l’époque, Koen Geens, a annoncé que ces systèmes de loot boxes seraient illégaux sans licence de jeu de hasard et que les éditeurs devaient les retirer sous peine de sanctions pénales et d’amendes. (Journal du Geek)

Réactions de l’industrie et premiers ajustements

Face à cette décision, plusieurs éditeurs ont adapté leurs jeux pour le marché belge ou ont désactivé totalement les loot boxes payantes dans le pays.

  • Blizzard Entertainment a supprimé l’achat de loot boxes dans Overwatch en Belgique. (Wikipédia)
  • EA a initialement résisté, notamment avec FIFA Ultimate Team, mais a fini par arrêter la vente de packs payants au public belge début 2019. (Wikipédia)
  • D’autres titres ont été adaptés ou rendus indisponibles pour les joueurs belges. (Wikipédia)

Cette mise en conformité a posé un précédent factuel important : même les plus grands éditeurs doivent se plier aux législations nationales lorsqu’elles interpellent la nature juridique des mécaniques de monétisation. (Wikipédia)

L’effet domino européen

La décision belge a incité d’autres régulateurs européens à s’interroger sur les loot boxes. Aux Pays-Bas, l’autorité des jeux a également classé certaines loot boxes comme des jeux d’argent, poussant les développeurs à réagir sous peine de sanctions. (Gambling Commission)

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Sur le plan législatif, cette première grande jurisprudence a ouvert la porte à une surveillance accrue des mécanismes de microtransactions dans toute l’Union européenne, notamment en matière de protection des mineurs, de transparence et de marketing. (Video Games Federation Belgium)

L’évolution des modèles économiques

De la loot box au Battle Pass

Dans les années qui ont suivi, l’industrie a progressivement modifié ses stratégies de monétisation. L’un des modèles les plus durables à émerger est celui du Battle Pass, popularisé par Fortnite. Contrairement aux loot boxes, le Battle Pass offre une progression linéaire de récompenses visibles à l’avance, ce qui limite l’aléa et les critiques de type « jeu de hasard ». (USC Sites)

Ce système est généralement perçu comme plus transparent, car le joueur sait ce qu’il obtient en atteignant chaque palier. Cependant, il n’est pas exempt de critiques : certains estiment qu’il encourage un temps de jeu intensif et peut engendrer des comportements compulsifs, notamment chez les joueurs les plus jeunes. (USC Sites)

Héritage en 2026 : un débat toujours ouvert

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Huit ans après la décision belge, la question des loot boxes et de la monétisation agressive n’a pas totalement disparu. De nombreuses juridictions à travers le monde continuent de surveiller et de débattre de ces mécanismes, tandis que des jeux récents, notamment sur mobile, relancent les discussions autour des systèmes de type gacha ou microtransactions aléatoires. (Gambling Club)

Une étude publiée en 2023 a même montré que la mise en place de l’interdiction en Belgique n’a pas été strictement appliquée dans tous les cas, beaucoup de jeux continuant d’offrir des achats aléatoires malgré la réglementation. (Scholars Hub)

Une régulation pionnière mais perfectible

La Belgique a eu le courage d’affronter une industrie gigantesque, ouvrant les yeux du monde sur des pratiques qui, bien que rentables, peuvent comporter des risques pour les joueurs, notamment les mineurs. Alors que certains considèrent les loot boxes comme une pratique dangereuse proche du pari, d’autres soulignent la difficulté d’appliquer une interdiction globale et efficace dans un marché aussi vaste et connecté. (Greo)

En 2026, ce débat continue d’évoluer, prouvant que les questions éthiques et juridiques posées par la monétisation dans les jeux vidéo dépassent largement le cadre de la simple industrie du divertissement.


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