God of War (2018) : comment Sony Santa Monica a sauvé et réinventé Kratos
Lors de sa sortie en avril 2018, God of War n’était pas seulement une exclusivité PlayStation de plus. C’était un pari risqué pour Sony et le studio Santa Monica. Après une trilogie originale basée sur la fureur aveugle et un épisode Ascension qui marquait un essoufflement de la formule, le retour du Fantôme de Sparte devait impérativement frapper fort. Huit ans plus tard, ce titre est considéré comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire du jeu vidéo.
Un lancement historique et un succès commercial sans précédent
Dès la première semaine, les chiffres annonçaient un « succès monstre », particulièrement au Royaume-Uni où il a détrôné les records de la franchise. Mais au-delà des classements de ventes, c’est l’adhésion critique qui a stupéfié l’industrie. Avec une moyenne de 94/100 sur Metacritic, le jeu a prouvé qu’un titre purement solo, narratif et sans micro-transactions pouvait encore dominer le marché mondial.
Ce succès s’est prolongé bien au-delà de 2018. Avec le portage sur PC en 2022, le jeu a conquis une nouvelle audience, atteignant plus de 23 millions d’unités vendues à travers le monde. Cette performance a cimenté la stratégie de Sony : miser sur la qualité cinématographique et l’émotion pour fidéliser les joueurs.
La réinvention de Kratos : de la haine à la paternité
Le coup de génie de Cory Barlog, le directeur créatif, a été de ne pas faire une simple suite, mais une évolution profonde du personnage. Kratos n’est plus seulement une machine à tuer ; il est un père tentant de dissimuler son passé sanglant pour protéger son fils, Atreus.
Une narration par le gameplay
Cette relation père-fils ne se limite pas aux cinématiques. Elle est au cœur du gameplay. Atreus, loin d’être un boulet pour le joueur, devient un allié indispensable au combat et pour la résolution d’énigmes. Le joueur ne contrôle plus seulement un guerrier, il gère un duo. Cette dynamique a permis d’humaniser Kratos d’une manière que personne n’aurait crue possible à l’époque de la PlayStation 2.
Une prouesse technique : le plan-séquence unique
Techniquement, God of War a introduit une innovation majeure qui reste encore aujourd’hui une référence : l’absence totale de coupure de caméra. Du menu de démarrage jusqu’au générique de fin, le jeu se déroule en un seul plan-séquence ininterrompu.
Cette prouesse technique élimine les transitions entre l’exploration, les cinématiques et les combats, renforçant l’immersion de manière organique. Pour réussir ce tour de force, les développeurs ont dû repenser l’architecture des niveaux et la mise en scène, offrant une proximité inédite avec les personnages. La caméra, désormais placée à l’épaule, rend chaque coup de hache plus percutant et chaque émotion plus palpable.
L’héritage de 2018 : un nouveau standard pour le AAA
L’impact de ce titre se mesure aujourd’hui à travers sa suite, God of War Ragnarök, qui a repris et magnifié cette formule. Mais l’héritage de l’épisode de 2018 dépasse sa propre franchise. Il a redéfini ce que les joueurs attendent d’un jeu d’action-aventure « Triple A » : une fusion parfaite entre une technique irréprochable et une écriture mature.
En déplaçant l’univers de la mythologie grecque vers les contrées nordiques, le studio a ouvert un champ de possibilités immense, explorant des thèmes universels comme le deuil, l’héritage et la fatalité. Aujourd’hui, God of War (2018) ne se regarde plus comme une simple réussite commerciale, mais comme l’acte de naissance du Kratos moderne, une figure devenue légendaire pour une toute nouvelle génération de joueurs.
Enfin si vous n’avez pas lu notre test, c’est par ici : God of War Test et Avis : Violemment brillant!
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