Metal Gear Survive et l’affaire des sauvegardes payantes : le jour où les microtransactions ont franchi une limite
Dans la chronologie des décisions les plus controversées de l’industrie du jeu vidéo, l’année 2018 occupe une place de choix avec la sortie de Metal Gear Survive. Si le jeu souffrait déjà d’un désamour profond dû au départ de Hideo Kojima, Konami a déclenché une tempête médiatique sans précédent en introduisant une microtransaction inédite : le paiement pour débloquer un simple emplacement de sauvegarde supplémentaire.
10 euros pour un slot de sauvegarde : un scandale industriel
Peu après le lancement, les joueurs ont découvert avec stupeur que le jeu ne proposait qu’un seul emplacement de personnage par défaut. Pour en créer un second, il fallait débourser 1 000 pièces SV, la monnaie virtuelle du jeu, ce qui équivalait à environ 10 euros.
Une mécanique de « Free-to-Play » dans un jeu payant
Vendre des emplacements de personnages est une pratique courante dans les jeux gratuits (MMORPG ou Free-to-Play), mais l’appliquer à un titre vendu au prix fort (environ 40 euros à l’époque) a été perçu comme une insulte par la communauté. Cette décision a instantanément transformé le jeu en un symbole de la monétisation agressive, occultant totalement ses éventuelles qualités de gameplay en survie.
La justification technique face à la réalité
Konami avait tenté de justifier cette pratique par les coûts de maintenance des serveurs, le jeu étant « always online ». Cependant, l’argument n’a jamais convaincu : un fichier de sauvegarde ne pesant que quelques kilo-octets, le coût réel pour l’éditeur était quasiment nul, renforçant l’idée d’une taxe artificielle imposée aux joueurs.
L’impact durable sur l’image de Konami
Cette affaire n’a pas seulement coulé les chances de succès de Metal Gear Survive, elle a durablement entaché la réputation de Konami auprès des joueurs « hardcore ».
Un tournant dans la régulation des microtransactions
L’affaire des sauvegardes payantes, couplée à celle des loot boxes de Star Wars Battlefront II peu avant, a accéléré les débats publics et législatifs sur l’encadrement des achats intégrés. En 2026, avec le recul, cet événement est cité comme l’un des points de bascule qui ont poussé les joueurs à exiger plus de transparence et d’éthique de la part des grands éditeurs.
Que reste-t-il de cette pratique aujourd’hui ?
Si Konami a depuis tenté de redorer son blason avec des projets comme le remake de Silent Hill 2 ou Metal Gear Solid Delta, l’ombre des sauvegardes payantes plane toujours. Cette erreur de communication monumentale rappelle qu’une seule décision de monétisation mal calibrée peut détruire une licence, aussi prestigieuse soit-elle.
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